Au Japon, Yoshihide Suga est élu Premier ministre et succède à Shinzo Abe

Yoshihide Suga, le nouveau chef du parti au pouvoir au Japon, a été investi mercredi Premier ministre par le Parlement du pays, en remplacement de Shinzo Abe, qui se retire pour des raisons de santé.

Quarante-huit heures après son élection triomphale à la tête du Parti libéral-démocrate (PLD), Yoshihide Suga, 71 ans, a été investi Premier ministre par le Parlement du Japon, mercredi 16 septembre. Son adoubement ne faisait aucun doute : sa formation et son allié de coalition, le parti Komeito, disposent d’une confortable majorité dans les deux chambres de la Diète et un vote à la majorité simple était requis.

La composition de son gouvernement devrait être annoncée plus tard dans la journée. Ce fidèle lieutenant de l’ancien Premier ministre a promis de poursuivre la politique de son prédécesseur qui était au pouvoir depuis fin 2012.

Yoshihide Suga était secrétaire général et porte-parole du gouvernement depuis le retour au pouvoir de Shinzo Abe fin 2012. Fils d’un cultivateur de fraises au parcours atypique, il a fidèlement servi et conseillé Shinzo Abe pendant de longues années, coordonnant la politique entre les ministères et les nombreuses agences de l’État. Il connaît à ce titre tous les rouages de la puissante bureaucratie japonaise, mais n’a pas la stature internationale de Shinzo Abe.

Gages de stabilité

En s’engageant à poursuivre les politiques de son prédécesseur, Yoshihide Suga donne ainsi des gages de stabilité aux barons du Parti libéral-démocrate (PLD), qui l’ont plébiscité lors de l’élection interne du parti lundi.

La composition de son nouveau gouvernement ne devrait pas réserver de grandes surprises. Des figures clés de la précédente équipe devraient conserver leurs postes, comme le vétéran Taro Aso (Finances) et Toshimitsu Motegi (Affaires étrangères). À la Défense, Taro Kono serait remplacé par Nobuo Kishi, qui n’est qu’autre que le frère de Shinzo Abe mais portant le nom de famille de leur grand-père maternel, Premier ministre du Japon à la fin des années 1950.

Taro Kono hériterait du portefeuille de la Réforme administrative, considéré comme une priorité par Yoshihide Suga. Le nom du ministre de la Santé sortant, Katsunobu Kato, circule pour succéder à Yoshihide Suga au poste stratégique de secrétaire général du gouvernement.

Parmi les vastes chantiers qui attendent le gouvernement Suga figurent la crise du coronavirus, la récession économique, la délicate question de la tenue ou non des Jeux olympiques de Tokyo, reportés à l’été 2021, et les répercussions des tensions internationales, notamment entre Washington et Pékin.

Plus pragmatique que dogmatique

Yoshihide Suga est perçu comme un leader plus pragmatique que dogmatique. Durant la brève campagne de l’élection interne du PLD, il a ainsi insisté sur la nécessité de casser les silos de l’administration publique japonaise plutôt que de proposer une grande vision politique.

Les observateurs s’attendent à ce qu’il poursuive la politique économique de Shinzo Abe, caractérisée notamment par une politique monétaire ultra-accommodante et des relances budgétaires massives, tout en accélérant des réformes structurelles jugées nécessaires.

Certains hauts responsables du PLD sont favorables à la tenue d’élections législatives anticipées, afin de consolider la légitimité de Yoshihide Suga et allonger la durée de son mandat au-delà du terme de celui initialement prévu pour Shinzo Abe à l’automne 2021. Mais pour le moment Yoshihide Suga a jugé qu’une telle élection n’était pas une priorité, arguant par ailleurs qu’il serait difficile d’organiser un tel scrutin tant que la pandémie de coronavirus ne sera pas sous contrôle.

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