Au Bénin, une nouvelle plateforme d’opposition appelle à regrouper toutes les forces disponibles pour dénoncer la « privatisation » du pays et la « mascarade électorale » en préparation. Komi Koutché est le président de cette plateforme.

Le groupe national de contact de la coalition « S’engager pour le Bénin » a demandé hier, lundi 12 octobre, l’abrogation des lois électorales en vue de la présidentielle d’avril 2021, et en premier lieu du système de parrainages qui aboutirait à l’exclusion de tous les principaux opposants de la compéitition.

Cette plateforme n’est pas un parti politique et ne cherche donc pas à recevoir le récepissé administratif nécessaire à concourir aux élections, dit son président, l’ancien ministre Komi Koutché, qui vit en exil et a été condamné début avril à 20 ans de prison par contumace par la CRIET, la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme.

Son but, c’est la « mobilisation » pour une « résistance républicaine », explique t-il, joint par François Mazet du service Afrique de RFI. « Nous avons deux objectifs principaux. Le tout premier, c’est d’œuvrer dans un élan collectif et inclusif pour la restauration de l’État de droit, le retour de la démocratie, en vue de règles équitables pour les élections qui viennent. Et par la suite emmener le peuple béninois dans un projet inclusif, qui puisse répondre à ses aspirations.

Il est clair que cela devra normalement passer par un certain nombre d’étapes et de préalables. Or, tel que cela se passe aujourd’hui au Bénin, ce sont des gens qui pensent avoir déjà tout bouclé, puisque l’économie est privatisée, l’État est privatisé…

Le seul opérateur économique, c’est le chef de l’État, à travers ses prête-noms… Tout l’espace institutionnel est privatisé, l’espace électoral vient d’être privatisé… Cela veut dire que sur plusieurs décennies, Patrice Talon et son clan sont les seuls à pouvoir dire qui peut être candidat, qui peut être opposant.

Nous, notre rôle pour le moment, c’est de mobiliser tous nos réseaux et d’appeler à la mise en commun de l’énergie de tous les autres réseaux. Une fois que c’est fait, ce qui sera décidé sera ce qui sera fait ».