France: Pharos, la plateforme de lutte contre les «fatwas en ligne»

Pharos est la plateforme web du ministère français de l’Intérieur, qui permet aux internautes de signaler des messages de haine en ligne publiés sur les réseaux sociaux. Quelque 80 enquêtes ont été ouvertes depuis vendredi soir 16 octobre, à l’encontre des auteurs de messages de soutien à l’assassin de Samuel Paty et des interpellations ont eu lieu au motif d’apologie du terrorisme.

Cette Plate-forme d’Harmonisation, d’Analyse, de Recoupement et d’Orientation des Signalements qui est siglée Pharos comme l’indique son intitulé, a été créée en 2009. Elle dépend de l’Office central de lutte contre la criminalité liée aux technologies de l’information et de la communication. Le service en ligne, géré par le ministère de l’Intérieur, permet aux internautes de signaler des contenus publiés sur la Toile pour différents motifs : pédophilie et pédopornographie, racisme, antisémitisme, xénophobie, incitation à la haine raciale, ethnique et religieuse, escroqueries et arnaques financières, ainsi que l’apologie du terrorisme sur les réseaux sociaux.

Plusieurs signalements d’internautes allant dans ce sens avaient, par ailleurs, été signalés sur le site Pharos, notamment la publication fin août par l’assassin de Samuel Paty d’un photomontage représentant une fausse décapitation. Des messages en ligne haineux répétés et non sanctionnés qui ont peut-être encouragé le terroriste à revendiquer son acte en publiant la photo de sa victime sur son compte Twitter. L’image de l’atrocité qu’il venait de perpétrer était assortie d’un commentaire écœurant de satisfaction quant à son acte barbare.

Jusqu’à 7 ans de prison

Si le compte de l’assassin a bien été suspendu dans les plus brefs délais, certains internautes ont eu le temps de se féliciter de la tuerie. Les policiers et les gendarmes de Pharos ont identifié 80 de ces messages de soutien. Selon la loi, leurs auteurs tombent sous le coup de l’apologie du terrorisme qui consiste, pour rappel, à justifier, excuser ou présenter sous un jour favorable ces actes criminels. Quand le délit a lieu verbalement en pleine rue, la condamnation peut aller jusqu’à 5 ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende ou 7 ans de prison et 100 000 euros quand ces propos sont tenus sur la Toile et les réseaux sociaux.

Mais identifier formellement les auteurs de ces messages n’est pas toujours simple pour les enquêteurs. Les plateformes sociales rechignent souvent à coopérer avec les autorités, même lorsqu’il y a une réquisition judiciaire. Et la vingtaine de policiers et de gendarmes qui œuvrent pour Pharos peinent à mener à bien leurs investigations. C’est la raison pour laquelle l’exécutif a décidé de renforcer les effectifs en allouant à la plateforme des moyens conséquents.

Loi sur les contenus haineux en décembre

En revanche, les services de Pharos ne sauraient à eux seuls régler tous les problèmes. Le gouvernement annonce qu’une loi sera promulguée en décembre afin de contraindre les réseaux sociaux, comme ils l’avaient promis depuis 2018, à modérer plus efficacement les contenus haineux.

Certains commentaires à propos du meurtre de Samuel Paty sur les réseaux nous prouvent cependant que le chemin sera encore long, avant d’extirper du web la déferlante de propos orduriers qui gangrènent depuis trop longtemps la Toile et les réseaux sociaux.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *