Les forces de sécurité posent devant les caméras face à une table où s’étalent des câbles, des paquets, des engins électroniques. Au cours de 12 opérations, les Forces de soutien rapide ont arrêté 41 personnes, saisi plus de 3 500 détonateurs, 850 blocs de TNT ou encore quatre sacs de nitrate d’ammonium.

Selon le procureur Taj al-Sir Ali al-Haber, les quantités récupérées sont suffisantes pour faire exploser Khartoum. Les autorités ont dénoncé cette contrebande qui, selon elles, menace la sécurité nationale et enrichit les criminels avec par exemple des détonateurs achetés 50 dollars et revendus cinq fois le prix au marché noir.

Commerce illégal ou piste terroriste ?

Quant à l’utilisation de ces explosifs, les FSR ont avancé deux hypothèses, sans pour autant apporter de preuve tangible. D’abord un commerce illégal destiné au secteur minier et notamment celui de l’or.

Ensuite, la piste politico-terroriste. Pour Jamal Jumaa, le porte-parole des FSR, les explosifs sont les mêmes que ceux utilisés lors de l’attentat qui avait visé le convoi du Premier ministre à Khartoum en mars. Le brigadier général a dit craindre des tentatives de sabotage contre la transition. L’officier a d’ailleurs appelé à un meilleur contrôle de la circulation des armes au sein des forces de sécurité.

Enfin, cette saisie tombe alors que les États-Unis réfléchissent à retirer le Soudan de la liste des pays sponsorisant le terrorisme, ce qui soulagerait grandement l’économie du pays. Or pour Jamal Jumaa, le commerce d’explosifs avec l’étranger pourrait faire dérailler ce processus et maintenir Khartoum sur la liste.