Pour soulager les pays les plus fragilisés par la pandémie de Covid-19, le G20 et le Club de Paris ont proposé une suspension du paiement des échéances de dette (DSSI) jusqu’à la fin de l’année. Selon le G7, cette initiative a permis à 43 pays – dont la majorité se situe en Afrique – de reporter 5 milliards de dollars de paiements officiels. L’encours total de la dette de ces pays éligibles à la DSSI a grimpé en 2019 de 9,5 %, à 744 milliards de dollars, atteignant un record. Sur ce montant, 178 milliards de dollars correspondaient à des créances bilatérales, en majorité avec des membres du G20.

«Frustration»

Les organisations multilatérales, FMI et Banque mondiale, ainsi que plusieurs créanciers du Club de Paris, plaident pour une extension sur 2021, tout en déplorant un manque d’implication des créanciers du secteur privé qui fragilise l’initiative. Le président de la Banque mondiale, David Malpass, a souligné lundi sa «frustration», appelant à «plus de transparence» et regrettant par ailleurs la «participation partielle» des créanciers bilatéraux officiels. Une critique qui cible la Chine.

Fin septembre, les ministres des Finances du G7 se disaient aussi favorables à une extension du moratoire tout en exigeant un partage plus équitable entre tous les créanciers.

Ils s’en sont aussi pris implicitement à Pékin en critiquant les pays qui, pour éviter de participer à cette initiative, classent leurs institutions publiques comme des prêteurs commerciaux. Ils visaient la Banque de développement, considérée par Pékin comme une banque commerciale.