Ce « payée cher » semble bien faire référence au nombre de djihadistes potentiellement libérés en échange des quatre otages et qui pourraient représenter une nouvelle menace. Le quotidien Libération a d’ailleurs eu la liste des prisonniers libérés par le Mali en échange des otages. Parmi eux, plusieurs prisonniers accusés d’avoir tué des Casques bleus et une trentaine d’autres arrêtés par la France.

20 personnes tuées mercredi dans le nord du pays

Après s’être fait rappeler par les deux journalistes qui l’interrogeaient que de récents attentats ayant frappé ces derniers jours le Mali ont été revendiqués par le groupe qui détenait la française Sophie Pétronin, le président burkinabé a rappelé que des attaques perpétrées dans le nord de son pays mercredi, jour de marché, ont tué au moins 20 personnes dans trois localités différentes.

Roch Marc Christian Kaboré a par ailleurs estimé que les forces de défense et de sécurité étaient en train de gagner le combat contre les groupes djihadistes au Burkina Faso, et que l’armée française n’intervenait que pour des « opérations à caractère ponctuel ».

Interrogé sur les exactions contre des civils burkinabés attribuées aux forces de l’ordre ou à des milices de volontaires aidant l’armée, il a notamment démenti les accusations de Human Rights Watch sur le massacre de 180 civils à Djibo, et justifié l’emploi de supplétifs. « L’armée ne peut pas être déployée sur 8000 villages en même temps », estime-t-il.

Frontalier du Mali et du Niger, le Burkina Faso est le théâtre d’attaques djihadistes régulières depuis 2015. Des centaines de personnes ont été tuées cette année dans des dizaines d’attaques visant des civils. Les violences djihadistes, mêlées à des conflits intercommunautaires, avaient fait au total 4000 morts au Mali, au Niger et au Burkina Faso en 2019, selon l’ONU.