Principal accusé dans le procès de l’attentat de la Terrasse à Bamako en 2015 qui avait fait une victime française, le Mauritanien surnommé « Ibrahim 10 » aurait été libéré en échanges d’otages notamment la Française Sophie Pétronin. Son procès devrait s’ouvrir mardi dans la capitale malienne.

Le principal suspect de l’attentat terroriste qui avait visé le restaurant La Terrasse à Bamako en 2015 et tué cinq personnes dont le Français Fabien Guyomard, sera-t-il jugé ? Rien n’est moins sûr. Un doute subsiste sur sa présence au procès qui s’ouvre mardi 27 octobre dans la capitale malienne, dont il est le plus important des trois accusés.

Selon des informations non confirmées officiellement, il pourrait avoir fait partie des détenus échangés début octobre par les autorités maliennes contre quatre otages, dont la Française Sophie Pétronin et l’homme politique malien Soumaïla Cissé.

Responsable de trois attentats au Mali

Fawaz Ould Ahmeida alias « Ibrahim 10 » pénétré dans le restaurant La Terrasse et aurait tiré au fusil d’assaut tuant cinq personnes : quatre Maliens, un belge et l’Angevin de naissance et Breton de cœur, Fabien Guyomard. Le terroriste supposé s’était ensuite évanoui dans la nature avant de refaire parler de lui plusieurs mois plus tard lors de l’attaque d’un hôtel à Sévaré dans le centre du Mali en août 2015 qui avait fait 13 victimes puis à l’hôtel Radisson Blu de la capitale malienne, causant la mort de 20 personnes.

Dans ces deux dernières affaires, « Ibrahim 10 » n’aurait pas été présent mais se serait occupé de leur organisation : recrutement des assaillants, repérage, location de véhicules, armes… En 2016, il avait été arrêté par la sécurité d’État malienne à Bamako. Il se trouvait en prison depuis.

Silence de la France

Où se trouve-t-il actuellement ? Mystère. Selon les informations d’ Europe 1 , Fawaz Ould Ahmeida aurait été libéré « en toute discrétion et sous une fausse identité ». Les autorités diplomatiques françaises refusent de confirmer l’échange et renvoient la balle vers le Mali qui aurait géré seul la libération des 200 djihadistes contre quatre otages, selon Paris.

La directrice de la Fédération nationale des victimes d’attentats et d’accidents collectifs (Fenvac) qui accompagne la famille de Fabien Guyomard explique au micro de nos confrères d’Europe 1 qu’« on ne sait pas trop dans quel cadre s’est fait cet échange, mais l’opacité autour de tout cela empêche qu’on ait des certitudes. Le silence des autorités françaises est inquiétant ».