Laxisme dans les structures hospitalières : Les révélations de Thiané Ndiaye, malade du cancer

Thiané Ndiaye est une malade du cancer. Et son hospitalisation dans différentes structures hospitalières du pays l’ont amenée à se confier à l’écriture pour témoigner de la maladie mais aussi de l’accueil et de la prise en charge dans les hôpitaux du pays, synonymes de mouroirs selon elle.
 
Invitée de Seneweb radio ce vendredi, Thiané Ndiaye auteur du livre « Malades du cancer, l’œil d’une patiente » publié aux éditions l’Harmattan, à Dakar, décrit le chemin de croix parcouru par la patiente qu’elle est, entre différents centres hospitaliers du pays. Amputée d’un sein, elle a failli passer de vie à trépas à cause du laxisme dans les hôpitaux du pays. « Pour un pansement, il a fallu attendre 4 heures de temps. Je me tordais de douleur. Alors que ma sœur a monté les escaliers, pleurait et les suppliait de venir m’aider, ils étaient là, en train de prendre le petit déjeuner et de discuter. Comment on peut travailler à l’hôpital et être aussi insensible au sort des malades ? Il faut avoir de la compassion pour le patients, parce que ces gens sont payés pour faire ce travail », s’insurge-t-elle contre le personnel de santé de l’hôpital militaire de Ouakam, synonyme de déception au regard de l’image qu’elle avait de cet établissement sanitaire. « Quand la rigueur militaire cède le pas au laxisme », écrit-elle à la page 111 de son livre.
 
Thiané Ndiaye dit avoir vécu une situation quasi-similaire à l’hôpital Ibrahima Niass de Kaolack. « A la porte il y a les vigiles qui accueillent les malades et ça pose problème. A leur décharge, ils n’ont pas été formés pour accueillir les malades », déplore encore la professeure de philosophie au lycée Khar Kane de Gossas (centre).
 
« Il faut rendre la mammographie gratuite pour que les femmes puissent accéder à la chimiothérapie »
 
Quid de la prise en charge du cancer ? « Elle coûte des millions. Rien que pour qu’on vous diagnostique pour vous dire si vous avez effectivement le cancer ou pas, il vous faut dépenser entre 300 et 500 mille francs. En attendant la chimio. Et ça, ce n’est pas à la portée de tous les Sénégalais. J’ai dû emprunter 3 millions à la banque pour assurer ma prise en charge médicale », confie l’invitée de Seneweb qui appelle l’Etat, dans le cadre de la Couverture maladie universelle (Cmu), à rendre gratuite la mammographie qui coûte 40.000 frs dans le public et 60.000 frs, 80.000 voire 100.000 frs dans les structures privées.
 
« Si la chimio est gratuite, il devrait en être de même pour la mammographie, parce qu’avant la chimio, il faut faire une mammographie pour savoir si on a le cancer ou pas. Or, celle qui n’a pas les moyens de faire une mammo, ne peut pas accéder à la chimio. Donc, sa gratuité devrait davantage inciter les femmes à se faire consulter, parce qu’elles sauront qu’elles n’auront pas à débourser un centime », lance-t-elle à l’endroit des autorités de l’Etat.

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