Souvent mises en causes par la population et les défenseurs des droits de l’homme pour divers abus de pouvoir ou brutalités, ces forces fédérales de la police voient leur champ d’action restreint. Les unités spéciales devront désormais se cantonner à leur mission principale.

Les vols à main armée, les enlèvements, les crimes violents, en somme le grand banditisme, relèvent du champ d’action des forces spéciales nigérianes. Et cela doit être désormais leur seule activité. Le chef de la police, l’inspecteur général Muhammed Adamu, a été catégorique : plus question de procéder à des contrôles de routine, les simples contrôles d’identité, les contrôles routiers.

Accusation d’extorsion et d’intimidation

Une mesure qui concerne toutes les unités spéciales, l’équipe d’intervention en matière de renseignements et l’escouade anti-secte, notamment. Mais elle vise particulièrement la Federal Special Anti-Robbery Squad, qui lutte contre les braquages, les vols à main armée. Le chef de la police justifie sa décision par l’arrestation de deux membres de cette escouade et d’un complice civil dans l’État de Lagos. Ils sont accusés notamment d’extorsion et d’intimidation de citoyens innocents.

Un cas loin d’être isolé. Cette force spéciale est régulièrement pointée du doigt pour ses dérives. Elle a été réformée en 2017 après une campagne ayant réclamé sa dissolution sur les réseaux sociaux et après que l’ONG Amnesty International a dénoncé des cas de tortures et d’extorsion. Mais en juin 2019, une enquête interne avait révélé des violations des droits de l’homme commises par au moins 22 de ses membres.