Idriss Sihamedi, président de l’ONG BarakaCity, a de nouveau été placé en garde à vue pour des faits de cyberharcèlement, une semaine après des faits similaires.

Le président de l’ONG musulmane BarakaCity, Driss Yemmou, dit Idriss Sihamedi, a été placé en garde à vue mercredi, soupçonné de harcèlement en ligne envers une ex-journaliste de Charlie Hebdo, une semaine après avoir été interpellé pour des faits similaires.

Le président de l’association caritative, visée par une procédure de dissolution, s’est présenté ce mercredi matin à la police judiciaire parisienne pour être entendu dans le cadre d’une enquête du parquet de Paris après la plainte de Zineb El Rhazoui, ex-collaboratrice du journal satirique.

Des tweets diffamatoires

La semaine dernière, Idriss Sihamedi avait été placé en garde à vue dans l’Essonne dans le cadre d’une autre enquête pour harcèlement en ligne, cette fois après la plainte le 18 septembre d’une chroniqueuse de la radio RMC, Zohra Bitan. Elle faisait état de « 120 tweets diffamatoires » publiés sur son compte Twitter par Idriss Sihamedi.

Ce dernier avait pris à partie les deux femmes, à qui il reproche leurs critiques de l’islam dans les médias.

Dans cette première affaire, il a été libéré sous contrôle judiciaire le 15 octobre et est convoqué au tribunal correctionnel d’Evry le 4 décembre.

Cette nouvelle garde de vue d’Idriss Sihamedi intervient le jour-même où le gouvernement a engagé une procédure de dissolution contre son ONG.

« Le climat est évidemment politique »

« Le contexte de cette procédure, son timing millimétré et le délai de cinq jours imparti pour répondre aux observations sur la dissolution de BarakaCity n’est pas anodin », a réagi l’avocat d’Idriss Sihamedi, Me Samym Bolaky. « Le climat est évidemment politique et nous le dénonçons. »

Le ministère de l’Intérieur, dans sa notification de demande de dissolution administrative envoyée mardi soir à Idriss Sihamedi, évoque des « messages publiés en ligne depuis les comptes de l’association ou (ceux de son président) » qui « provoquent de très nombreux commentaires hostiles à l’Occident, à la laïcité, aux francs-maçons ou encore aux musulmans qui ne partagent pas la conception de l’islam promue par l’association ». Il est également fait état de commentaires antisémites après ces messages.

Me William Bourdon et Vincent Brengarth, qui défendent l’ONG, ont dénoncé sur Twitter « l’indigence des motifs construits de toutes pièces par l’administration pour discréditer l’association, à travers son président, ainsi que la célérité de cette décision », qui, selon eux « confirment le caractère totalement politique et opportuniste de cette mesure ».

Dans un tweet, l’association, fondée en 2010 par des musulmans d’inspiration salafiste menés par Idriss Sihamedi, a annoncé que ses avocats allaient saisir le défenseur des droits et la Commission nationale consultative des droits de l’homme « afin de contester cette mesure arbitraire ».