Sophie Petronin enfin libre après un calvaire de près 4 ans. Elle a retrouvé son fils dans la nuit de jeudi à vendredi sur le tarmac de l’aéroport de Bamako. Quand elle est descendue de l’avion elle a entendu son fils Sébastien qui a crié « Maman ! Maman ! », comme un petit garçon de 51 ans qui attendait sa mère depuis trop longtemps.

Alors maintenant ils vont vouloir dire merci. Mais merci à qui ? Merci au Colonel Assimi Goïta, officiellement vice-président du Mali mais qui est en fait le vrai patron du pays.

Militaire leader d’un putsch en août

C’est un jeune homme. Il a 37 ans et il en fait moins. Ce n’est pas un tribun, c’est même un assez piètre orateur qui parle dans sa barbe. C’est surtout un soldat : un militaire qui dirigeait les forces spéciales maliennes. Le 18 août dernier il a surtout dirigé le putsch militaire et pris le pouvoir.

Un coup d’état en ne tirant qu’un seul coup de feu. Un coup tiré en l’air pour donner le signal du départ. Le pouvoir malien est tombé comme un fruit mûr. Le président et tous ses ministres ont été arrêtés et conduits dans une caserne. Et personne n’a protesté tant le président était jugé impopulaire, corrompu et incapable de rétablir un semblant d’ordre au Mali.

Par principe, les pays voisins ont menacé de sanctions si les militaires putschistes restaient au pouvoir. Alors le colonel Goïta a accepté qu’un civil soit nommé président. Et quel civil ! Civil depuis quelque mois seulement après avoir pris sa retraite de l’armée. C’est lui aussi un colonel et un ancien ministre de la Défense. A Bamako, on l’appelle le général Canada dry, qui a le goût d’un civil, qui ressemble à un civil mais qui n’en est pas un.

Il a ouvert en grand les portes des prisons du pays

Et le jeune colonel Goïta, lui s’est nommé vice-président. Et aussitôt il a tenté de réconcilier tous les mouvements du pays en guerre civile depuis 7 ans, principalement en ouvrant les portes des prisons. Et il a libéré le week-end dernier une centaine de jihadistes, pour rétablir le dialogue avec leurs mouvements terroristes.

Il a libéré des leaders Peuls et Dogons responsables de massacres. Jeudi, il a libéré tous les ministres qui avaient été arrêté lors du putsch. Y compris le Premier ministre. Et au passage, il a donc récupéré deux otages dont l’humanitaire Française, Sophie Pétronin.

La France va devoir dire merci au colonel, mais un merci un peu gêné du bout des lèvres, en attendant d’en savoir plus sur ce très jeune militaire putschiste.