Un complot a été déjoué dans le Michigan, où des terroristes armés envisageaient de kidnapper la gouverneure démocrate avant le 3 novembre. Celle-ci accuse Trump d’encourager les groupes armés d’extrême droite qui paradent dans le pays.

 

L’annonce d’un procureur du Michigan, jeudi 8 octobre, dans l’après-midi, a glacé les Américains : treize activistes d’extrême droite, pour la plupart membres des Wolwerine Watchmen, l’une de ces milices qui pullulent dans l’État, ont été arrêtés ces derniers jours et inculpés pour terrorisme.

Projet de kidnapper la gouverneure démocrate

La bande armée projetait, avant la présidentielle du 3 novembre, de kidnapper et de juger pour trahison  la gouverneure Gretchen Whitmer, une étoile montante du Parti démocrate. Ils avaient aussi envisagé de prendre le Capitole de Lansing, siège des institutions du Michigan.

Ces comploteurs ont été repérés en début d’année, grâce aux traces laissées sur les réseaux sociaux. Ils y qualifiaient la gouverneure élue en 2018 de  chienne tyrannique […] hors de contrôle ». Ils ne s’en tenaient pas aux paroles : ils s’entraînaient à la fabrication de bombes, et ils avaient effectué des repérages autour de la résidence secondaire de Whitmer, selon Richard Trask, chef des agents spéciaux du FBI, qui avaient infiltré le réseau.

Jeudi 8 octobre, la gouverneure Whitmer s’en est prise bille en tête à Donald Trump :  Quand nos dirigeants rencontrent, encouragent, fraternisent avec les terroristes de l’intérieur, ils légitiment leurs actions et s’en rendent complices , a-t-elle accusé.  Allégations exotiques »,a rétorqué la Maison-Blanche.

Tête de turc de Donald Trump

Et pourtant ! Quand Whitmer a strictement confiné le Michigan pour contenir le coronavirus, au printemps, elle est devenue la tête de turc du Président.  Libérez le Michigan , twittait Trump le 17 avril. Le 30, des hommes (et femmes) armés faisaient irruption au siège du gouvernement local.

Le mois dernier, devant le Congrès, le patron du FBI, Christopher Wray, a estimé que l’extrémisme intérieur constitue l’une des principales menaces pesant sur les États-Unis. Cela va de QAnon, une théorie du complot prisée des trumpistes, aux « boogaloo », des miliciens en chemises hawaïennes qui rôdent AR-15 en bandoulière autour des manifestations antiracistes.

Fin septembre, les Proud Boys, un groupe suprémaciste blanc s’est livré à une démonstration de force à Portland, bastion de gauche dans l’Oregon. Sommé de les condamner, Trump les a seulement appelés, lors d’un débat télévisé, à  se tenir à l’écart et à se tenir prêts ».

Son équipe de campagne a répété, vendredi 9 octobre, son intention de déployer

 50 000 observateurs volontaires  dans et autour des bureaux de votes, faisant redouter des incidents pendant et après le scrutin.