Lever ou pas les sanctions contre le Mali ? C’est tout l’enjeu de la visite de Goodluck Jonathan. Si la désignation de Bah N’Daw lundi est considérée comme un signal « encourageant ». La Cédéao attend la suite pour se prononcer. Nous voulons avant toute chose être « rassurés » sur le fait que c’est bien un civil qui sera nommé comme Premier ministre, explique une source au sein de l’organisation. Quand le suspens prendra-t-il fin ? On l’ignore. La charte de la transition prévoit que le Premier ministre est nommé par le président. Or celui-ci doit être investi vendredi (quelques heures après le départ prévu de Goodluck Jonathan. En attendant, les chancelleries européennes ont également fait passer le message à la junte. « Nous voulons un vrai civil cette fois », glisse une source diplomatique, en référence à la double casquette « civilo-militaire » du président Bah N’daw. Ce sera en quelque sorte « un test », explique » cette source sur la « volonté réelle » de la junte de ne pas conserver directement ou indirectement l’ensemble des leviers du pouvoir. Et contourner l’exigence de la Cédéao qui a réclamé la dissolution du CNSP auteur du coup d’État, dès que la transition sera sur pied.

Cinq ministères pour la junte

Parallèlement, les échanges informels se poursuivent entre la junte et le M5. La coalition, fer de lance de la contestation anti-IBK, négocie pied à pied la place qui doit à ses yeux lui revenir au sein des organes de la transition. Le M5 n’a pas participé au collège de désignation du Président lundi, et l’a dénoncé, mais ne jette pas l’éponge pour autant. La bataille se joue désormais sur le terrain des portefeuilles dans le futur gouvernement. La junte, souhaiterait selon nos informations conserver cinq ministères et pas des moindres: Défense, Sécurité, Equipement, Mines, et Administration territoriale.