Mody Samba Touré est enseignant dans la ville de Kidal, mais c’est dans une gargote de Bamako qu’il déjeune. En 2014, il est gravement blessé lors d’une visite contestée du Premier ministre d’alors dans le fief des ex-indépendantistes. Depuis, il est exilé à 1500 kilomètres de son poste.

« Je suis toujours au compte de Kidal. Mais nous n’enseignons pas, nous n’y retournons pas car nous ne nous sentons pas en sécurité. Nous ne sentons pas à ce que le lieu soit trop propice, d’autant plus que l’état malien ne couvre pas Kidal. D’autant plus que l’Etat n’est pas présent dans toutes les structures de Kidal, d’autant plus que la sécurité n’est pas assuré par l’armée malienne. »

Dans le nord et le centre du pays, des livres ont été brûlés en autodafé, des écoles ont été fermées sous la pression terroriste.

Pour Amadou Coulibaly syndicaliste le constat est amer. « Ces soi-disant musulmans qui sont sur le terrain qui sont les éléments de Amadou Koufa ou bien les éléments de Iyad Ag Ghali ne veulent pas qu’on transmette le savoir classique, c’est à dire le savoir en français aux enfants. Eux ils veulent qu’on applique le Coran aux enfants qui sont dans ces zones. »

Selon le responsable syndical, de plus en plus d’enseignant arrêtent le métier afin de ne plus être une cible. Aucune donnée chiffrée n’existe, sur ces reconversions mais plus de 1200 écoles ont été fermées au Mali du fait de l’insécurité.