Meurtre de Jamal Khashoggi: deux ans après, la Turquie arrive au bout de son enquête

Il y a deux ans, jour pour jour, un journaliste saoudien était assassiné dans le consulat d’Arabie saoudite à Istanbul, en Turquie. La victime, Jamal Khashoggi, était une voix critique du pouvoir de Riyad. Exilé aux États-Unis, il écrivait notamment dans le quotidien américain The Washington Post. Alors qu’un tribunal saoudien a annulé le mois dernier les cinq peines capitales prononcées à l’issue d’un procès à huis clos, les autorités turques promettent de poursuivre la quête de justice.

Deux ans après les faits, les autorités turques sont convaincues d’avoir fait la lumière sur l’assassinat commis le 2 octobre 2018 dans le consulat d’Arabie saoudite, en plein centre d’Istanbul.

Grâce aux écoutes téléphoniques, aux caméras de surveillance, aux centaines d’heures d’interrogatoires et aux preuves matérielles récoltées dans le bâtiment lors de perquisitions, elles estiment avoir établi avec précision la chronologie, le mode opératoire et le rôle de chaque suspect. Une seule question reste en suspens : qu’est-il advenu des restes de Jamal Khashoggi, tué par strangulation avant que son corps ne soit démembré ?

Suspects blanchis par la justice saoudienne

En juillet, un procès s’est ouvert à Istanbul. Les 20 suspects, tous Saoudiens, étaient absents, leur pays refusant de les extrader. La justice turque accuse 18 d’entre eux d’avoir pris part directement à l’assassinat, et deux autres d’avoir ordonné et planifié le crime. Ces derniers sont des proches du prince héritier Mohammed ben Salmane, lui-même mis en cause par Ankara. Ils ont été blanchis par la justice de leur pays.

Cette semaine, le parquet d’Istanbul a inculpé six autres suspects pour la mort du journaliste. Là encore, ils sont tous Saoudiens et aucun n’est en Turquie.

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