Nicolas Sarkozy a été entendu par des juges ce mardi 6 octobre, dans le cadre de l’enquête sur les soupçons de financement libyen de sa campagne. Son procès approche, et il risque gros.

Treize ans après les faits, Nicolas Sarkozy connaîtra bientôt son sort. Et la pression monte. L’ancien président de la République a été entendu par les juges d’instruction en charge de l’enquête sur les soupçons de financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007 ce mardi 6 octobre, rapporte Mediapart, relayé par le Huffington Post. Le procès de l’homme politique, mis en examen pour « corruption passive », « recel de détournement de fonds publics » et « financement illégal de campagne » en 2018, se tiendra entre le 23 novembre et le 10 décembre, après avoir été reporté à deux reprises.

Empêtré dans cette affaire depuis 2014 et les révélations du Monde, Nicolas Sarkozy risque gros. En mars 2018, au lendemain de l’interview qu’il a donnée suite à son placement en garde à vue et sa mise en examen, L’Obs a estimé qu’il pourrait être condamné à jusqu’à dix ans de prison s’il est jugé coupable de tous les chefs d’inculpation invoqués contre lui. Les peines n’étant pas cumulatives, il ne pourrait pas être condamné à une peine plus longue.

1 million d’euros d’amende pour corruption passive ?

L’hebdomadaire dévoile également ce que Nicolas Sarkozy risque pour chaque chef d’inculpation. Selon l’article 435-1 du Code pénal, il pourrait être ordonné à payer 1 million d’euros d’amende pour corruption passive. Le financement illégal de sa campagne électorale est passible de 45 000 euros d’amende et trois ans de prison, et le recel de détournements de fonds publics à 375 000 euros d’amende et cinq ans d’emprisonnement. En plus de ces peines, le mari de Carla Bruni pourrait être privé de ses droits civiques, le rendant inéligible pendant cinq ans au maximum, et l’empêchant de voter.