On lui refuse la nationalité allemande pour ne pas avoir voulu serrer la main à une femme

Il avait pourtant réussi avec brio le test de naturalisation.
 
C’est une poignée de main qui lui coûte cher. Le tribunal administratif du Bade-Wurtemberg vient de décider de ne pas naturaliser un homme qui a refusé de serrer la main de la femme en charge de lui remettre le certificat de naturalisation.
 
L’histoire remonte à 2012, quand un médecin libanais arrivé en Allemagne dix ans plus tôt, où il a étudié, a fait les démarches pour être naturalisé dans le pays. Ce dernier a passé tous les tests de naturalisation allemande, et les a réussis haut la main, avec les meilleurs scores possibles, rapporte Deutsche Welle.
 
Pourtant, en 2015, le jour de la remise du certificat, l’homme en question a refusé de serrer la main de la fonctionnaire en charge de son dossier, notamment pour des raisons religieuses. Cette dernière n’a donc pas souhaité lui remettre le précieux sésame.
 
Furieux, l’homme a d’abord saisi le tribunal administratif de Stuttgart, avant de faire appel devant le tribunal administratif du Bade-Wurtemberg. Ce dernier a décidé le 17 octobre de rejeter à son tour la demande de naturalisation de l’homme, et propose de porter l’affaire devant le tribunal administratif fédéral vu son importance, ajoute le média allemand.
 
«Un danger de tentation sexuelle»
 
Face au juge, l’homme a tenté de justifier son geste, expliquant que ne pas serrer la main d’une femme était une promesse faite à son épouse et que, de toute façon, il ne serrait pas la main des hommes non plus.
 
Les juges en ont décidé autrement. Selon le tribunal du Bade-Wurtemberg, l’homme aurait refusé de faire ce geste car il considère les femmes comme «un danger de tentation sexuelle», des valeurs qui enfreignent le principe d’égalité inscrit dans la constitution allemande.
 
Une histoire quelque peu similaire avait fait couler beaucoup d’encre en France. Le mardi 22 septembre 2020, un homme de confession musulmane avait été condamné à 750 euros d’amende et à 1.500 euros de dommages et intérêts pour avoir refusé de serrer la main de la préfète du Cher, au motif que sa religion le lui interdisait.

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