Professeur décapité : « Nous avons eu raison de publier ces caricatures, Samuel Paty a eu raison d’en parler », déclare l’avocat de « Charlie Hebdo »

Richard Malka, l’avocat de l’hebdomadaire satirique a réagi lundi à l’assassinat de l’enseignant d’histoire-géographie, lors du procès des attentats de janvier 2015.

Une journée d’audience marquée par l’assassinat de Samuel Paty, pour avoir montré des caricatures de Mahomet en cours. Le procès des attentats de janvier 2015 a repris, lundi 19 octobre dans la matinée, avec les déclarations de plusieurs avocats et du président de la cour au sujet de l’attentat. Il s’agit, après l’attaque près des anciens locaux de Charlie Hebdo, du deuxième attentat lié aux caricatures de Mahomet depuis l’ouverture du procès.

« Après qu’ils aient déjà tué des juifs, des journalistes, des dessinateurs, des passants dans la rue, après qu’ils aient tué des jeunes au Bataclan, maintenant ils tuent des enseignants », a déclaré l’avocat de Charlie Hebdo, Richard Malka, devant des journalistes suivant le procès. « Ils s’en sont pris à tous les piliers que la troisième République nous a légués : la liberté d’expression (…) les lois sur l’école de Jules Ferry, la loi sur la laïcité. Ils s’en prennent à tous les fondements de la République et à tout le monde. » 

« Ils ont tué des juifs, des musulmans, des chrétiens, ils tuent tout le monde. Ils, ce sont les fanatiques islamistes, ils sont les ennemis d’abord des musulmans de ce pays », a ajouté l’avocat. « Ils n’ont pu prospérer que grâce à cette arme de destruction massive de notre République que sont les accusations d’islamophobie constante, la culpabilisation, cette réthorique de l’humiliation en inventant des faits, comme l’a fait ce père de famille qui a appelé à la haine dans une vidéo et dont la fille n’était même pas dans le cours », a poursuivi Richard Malka.

Nous avons eu raison de publier ces caricatures, Samuel Paty a eu raison d’en parler. Cette fois, ce ne sont pas ceux qui ont dessinés ces caricatures mais ceux qui les ont montrées.

Richard Malka, avocat de « Charlie Hebdo »

au procès des attentats de janvier 2015

« On veut des actes, ça suffit de cette barbarie », a insisté Richard Malka. « On a besoin que ce ne soit plus les victimes qui soient sanctionnéeds mais les bourreaux », a-t-il plaidé, regrettant « un excès de compromission » ayant mené à cet attentat. « Il faut un éveil des consciences, se battre pour les libertés qui leur ont coûté la vie. »

« Nous sommes tous concernés »

D’autres avocats et le président de la cour se sont également exprimés lundi matin, lors de l’ouverture de cette nouvelle journée d’audience à la cours d’assises spéciale de Paris. « La cour tient à exprimer son émotion à la suite de l’assassinat d’un enseignant pour le seul fait d’avoir enseigné la liberté d’expression », a déclaré le président de la cour, Régis de Jorna.

« Quand un professeur est odieusement et lâchement décapité car il enseignait la liberté d’expression, nous sommes tous concernés », a poursuivi Jean Chevais, avocat de la partie civile. Samia Maktouf, avocate de la partie civile, s’est associée à cette « défense de la liberté d’expression et de la liberté de penser ».

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