La République démocratique du Congo n’a à nouveau plus que 2 semaines et demi de réserves de change. A peine 700 millions de dollars selon le comité de politique monétaire. La baisse de ces réserves, cruciales dans un pays qui importe tout, avait entraîné l’an dernier une hausse des prix et une baisse du franc congolais. Risque-t-on de vivre le même scénario d’ici la fin de l’année ?

 

Retomber dans une crise similaire à 2019, c ‘est ce que craint l’ancien candidat à la présidentielle Noel Tshiani, un ancien haut fonctionnaire de la Banque mondiale qui a écrit plusieurs livres sur le rôle des banques centrales. Pour lui, il est urgent de renflouer les réserves de change pour éviter d’appauvrir davantage les Congolais.

« On pourrait se retrouver dans une situation où il y a dépréciation continue de la monnaie. Et dépréciation veut dire augmentation de l’inflation, parce que la plupart des biens, surtout les biens de consommations, sont importés de l’extérieur. Donc dans ces conditions, l’absence d’intervention de la Banque centrale impliquerait une spirale inflationniste qui pourrait avoir un impact très négatif sur le pouvoir d’achat de la population. »

Pour le ministre des Finances, Jean Sele, la situation actuelle diffère de l’an dernier. Depuis mai, Kinshasa n’a plus recours à la planche à billets. Selon lui, les recettes devraient s’améliorer.

« Il y avait un certain nombre de mesures qui ont été prises par le gouvernement à partir du mois de mars pour procéder à la mitigation des effets pervers du Covid, dont notamment la suspension de la perception de la TVA sur les denrées de premières nécessités. Aujourd’hui, ces mesures sont été levées et on voit que les recettes ont augmenté. »

Les dépenses aussi sont en hausse, alors que la RDC peine à l’heure actuelle à payer chaque mois les salaires de ses agents ainsi qu’une petite partie du budget de fonctionnement.