Ruée mondiale sur les tests rapides pour lutter contre le coronavirus

Le développement des tests rapides pour détecter le Covid-19 a déclenché une ruée mondiale: Donald Trump en a annoncé la distribution de 150 millions aux Etats-Unis et l’OMS en a promis 120 millions aux pays pauvres, mais à condition de trouver les fonds.

Nombre de morts liés au coronavirus officiellement annoncés par pays, 28 septembre à 11H00 GMT© Simon MALFATTO Nombre de morts liés au coronavirus officiellement annoncés par pays, 28 septembre à 11H00 GMT

Alors que la pandémie a fait plus d’un million de morts dans le monde, de nombreux experts en santé publique militent depuis des mois pour l’utilisation de ces tests dits antigéniques, peu coûteux, comparables aux tests de grossesse et dont le résultat s’obtient en 15 minutes, contre plusieurs jours pour un test classique.

S’ils sont généralement moins précis, ces tests rapides peuvent amplement suffire, en particulier pendant un pic de contagiosité, au moment où il est crucial d’isoler les cas positifs. Ils permettraient ainsi de multiplier le volumes de tests afin de mieux détecter la propagation du coronavirus.

En pleine campagne pour sa réélection, Donald Trump a annoncé lundi que 150 millions de ces tests rapides seront distribués aux Etats-Unis, dont 50 millions « serviront à protéger les communautés les plus vulnérables ». Les enseignants, les maisons de retraite et les universités historiquement noires ou amérindiennes seront prioritaires, a-t-il promis.

Une technicienne effectue un prélèvement dans un centre pratiquant des des tests rapides, le 27 septembre 2020 à Pékin© GREG BAKER Une technicienne effectue un prélèvement dans un centre pratiquant des des tests rapides, le 27 septembre 2020 à Pékin

Ces tests sont fabriqués par le laboratoire Abbott, qui a reçu une autorisation de commercialisation en urgence fin août et qui est pour l’instant le seul à les proposer aux Etats-Unis.

Simultanément, l’Organisation mondiale de la santé –avec qui l’administration de Donald Trump a rompu– et ses partenaires ont promis 120 millions de tests pour les pays les plus démunis, à condition toutefois de trouver l’argent pour les acquérir.

Une rue de Melbourne après la fin de deux mois de couvre-feu nocture, le 28 septembre 2020 en Australie© William WEST Une rue de Melbourne après la fin de deux mois de couvre-feu nocture, le 28 septembre 2020 en Australie

« Nous avons un accord, nous avons un début de financement et maintenant nous avons besoin du montant total pour pouvoir acheter ces tests », a déclaré le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, au cours d’une conférence de presse virtuelle.

Carte de Madrid et de sa région montrant les zones où des restrictions ont été imposées pour freiner la propagation du Covid-19© Patricio ARANA Carte de Madrid et de sa région montrant les zones où des restrictions ont été imposées pour freiner la propagation du Covid-19

D’un coût unitaire de 5 dollars, avec un prix qui devrait baisser à mesure que la production augmente, il faudrait cependant 600 millions de dollars à l’organisation onusienne pour financer sa promesse, alors que le Fonds mondial a d’ores et en a d’ores et déjà promis 50 millions.

Une question centrale pour les pays les plus pauvres: selon l’OMS, là où les pays riches réalisent en moyenne 292 tests par 100.000 habitants, les pays à revenu faible et intermédiaire n’en font que 61 et les pays à faible revenu, 14.

– L’Europe se referme, l’Amérique latine rouvre –

Ces annonces interviennent alors que la pandémie continue de progresser un peu partout dans le monde, en particulier en Europe où le virus circule toujours à un rythme élevé.

Derniers pays en date concernés, la République Tchèque et la Slovaquie ont annoncé lundi leur intention de déclarer l’état d’urgence pour faire face à la forte recrudescence de cas de contaminations.

« La situation est extrêmement grave, et je pense que nous devons adopter des décisions très radicales et très audacieuses », a déclaré le chef du gouvernement slovaque, Igor Matovic, à l’issue d’une réunion d’une cellule de crise dans son pays. 

A l’ouest du continent, la France et l’Espagne multiplient les restrictions pour tenter de ralentir cette nouvelle vague de contaminations. Madrid a instauré de nouvelles zones de restrictions, tandis qu’Aix-en-Provence et Marseille, dans le sud de la France, ont vu leurs bars et restaurants fermer leurs portes dimanche soir.

 

 

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Le directeur général de l’OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus lors d’une conférence de presse à Genève le 28 septembre

 

Même ambiance de l’autre côté de l’Atlantique. Alors que New York, déjà durement touchée durant le printemps, voit le nombre de contaminations repartir à la hausse, au Canada, Montréal et Québec passent en « alerte » rouge pour 28 jours avec la fermeture de plusieurs secteurs de l’économie durant la période.

A l’inverse, en Amérique latine, durement touchée par le Covid-19, les restrictions se lèvent peu à peu: les vols internationaux vont reprendre en Colombie et au Pérou, et la quasi-totalité des 7 millions d’habitants de Santiago du Chili ont retrouvé lundi leur liberté de circulation après des mois de confinement.

Même chose en Australie, avec la fin de deux mois de couvre-feu nocturne à Melbourne à la faveur d’une baisse marquée du nombre de nouvelles contaminations.

La pandémie a fait au moins 1.002.036 morts dans le monde depuis fin décembre, selon un bilan établi par l’AFP à partir de sources officielles lundi à 11h00 GMT. Les Etats-Unis sont le pays le plus touché tant en nombre de morts (205.024) que de cas enregistrés (7.147.070), devant le Brésil (142.058 morts).

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