Au Soudan, après la signature des accords de paix avec certains groupes armés le week-end dernier, les négociations continuent avec les deux importants mouvements rebelles qui n’étaient pas signataires du texte. Il reste encore beaucoup à faire pour que Khartoum s’entende avec les deux absents de Juba, le mouvement d’Abdelaziz al-Hilu et celui du Darfouri Abdelwahid el-Nur.

Le Premier ministre Abdallah Hamdok l’a répété dimanche, après la signature des accords de Juba. L’une de ses tâches les plus importantes est désormais de trouver un terrain d’entente avec l’importante rébellion d’Abdelaziz al-Hilu, avec qui des discussions sont déjà bien engagées. Mais aussi avec celle du Darfouri Abdelwahid el-Nur, toujours réfractaire.

Le vœu du Premier ministre soudanais a été publiquement partagé par le chef de la mission conjointe ONU-UA au Darfour, le Sud-Africain Jeremiah Mamabolo, au nom du secrétaire général de l’ONU, Antonio Gutteres. Et par les chancelleries occidentales, qui savent qu’un accord de paix partiel serait précaire.

De fait, une délégation des Forces pour la liberté et le changement, la composante civile ayant conduit la révolution et partageant le pouvoir avec les militaires, a rencontré al-Hilu à Juba dès dimanche. Des pourparlers formels devraient commencer fin octobre, selon le médiateur sud-soudanais. D’après une source diplomatique, ils travaillent sur l’établissement d’un mécanisme visant à lever les obstacles pour une négociation globale, incluant d’autres acteurs. Sous-entendu : faisant aussi une place pour Abdelwahid el-Nur et son mouvement.

Car c’est là l’obstacle principal. El-Nur refuse toujours toute discussion avec Khartoum, sans que la situation sur le terrain n’ait changé. Quitte à se mettre en difficulté dans ses propres rangs, où les signes de dissidence se sont multipliés ces derniers mois.